915
Lectures Watched
Since January 1, 2014
Hundreds of free, self-paced university courses available:
my recommendations here
Peruse my collection of 275
influential people of the past.
View My Class Notes via:
Receive My Class Notes via E-Mail:

VIEW ARCHIVE


Contact Me via E-Mail:
edward [at] tanguay.info
Notes on video lecture:
L'art de la parole poétique
Choose from these words to fill the blanks below:
collèges, chantés, douze, XIXe, grande, prosodie, milieu, rime, syllabique, prose, dramaturges, joli, savantes, versifie, casser, ambition, fondement, proche, différence, vers, latin, longueur, poésie, combinaison
les textes en         
ce n'est pas des vers simplement pour faire         
c'est parce que le théâtre est conçu comme une dimension particulière de la                           
il y a le sonnet, l'ode
les genres qui relèvent strictement du domaine de la poésie
la tragédie
l'épopée
les auteurs de théâtre du XVIIe et XVIIIe siècle ne se définissent jamais comme des                        mais ils se définissent comme des poètes dramatiques
il n'y a pas véritablement de                                    entre écrire
des odes
des élégies
une tragédie
peut-être la                 
on compose en prose et on                  ensuite
l'art de la versification était étudié dans les                               
c'était un art très facile
il y a quelques tragédies en            dans les années 1640
certains auteurs, influencés par les théoriciens qui veulent toujours plus de vraisemblance dans la tragédie, donc toujours plus faire croire au spectateur que ce qu'il voit est vrai, ont cherché à              le système poétique
mais il se trouve que la tragédie c'est un genre poétique qui doit être exprimé en vers et cela va perdurer jusqu'au          siècle
la comédie
c'est un peu différent
beaucoup de comédies sont en prose
la petite comédie
la              comédie
Molière
il y a une grande différence entre les comédies qui se veulent de la haute comédie
Tartuffe
Le Misanthrope
Les Femmes                 
les comédies-ballets qui sont des comédies destinées prioritairement au spectacle
privilégie l'écriture des passages poétiques destinés à être                             
fait suivre le reste en prose puisque ce n'est pas du tout la même                  dans ce genre de pièces de théâtre
un système syllabique
le vers français est un vers                     
il repose sur la                        de syllabes
non pas un vers qui repose sur des pieds comme en           , en anglais ou dans d'autres langues
en français ce qui compte c'est la syllabe
le vers dominant à partir de la fin du XVIe siècle
le vers de            syllabes
il s'appelle aussi l'alexandrin
1-2-3-4-5-6 / 1-2-3-4-5-6
une très légère pause au             
une légère montée vers le centre
une légère descente vers la fin du vers
c'est le vers le plus long autorisé par la                  française
on ne peut pas dépasser douze syllabes
le plus              de la prose
la          n'empêche pas qu'on a l'illusion qu'en enchaînant ces longs vers c'est ce qui se rapproche le plus de la prose
c'est un exemple de cette tension qui est le                    et la force de ce théâtre classique

Flashcards:

in verse
en vers
epic
épopée
playwrights
dramaturges
all the confessions
tous les aveux
likelihood
vraisemblance
this will continue
cela va perdurer
as long as we practice tragedy
aussi longtemps qu'on pratiquera de la tragédie
we want to rise to the status
qu'on veut s'élever jusqu'au statut
intended to be sung
destinés à être chantés
a slight climb towards the middle
une légère montée vers le centre
we cannot exceed twelve
on ne peut pas dépasser douze
to which I will return in a moment
sur laquelle je vais revenir dans un instant
does not prevent us from having the illusion
n'empêche pas qu'on a l'illusion
who dream of imposing
qui rêvent d'imposer
the foundation
le fondement

Enhanced Transcription:

La deuxième caractéristique du texte de théâtre dans le théâtre classique c'est que c'est un texte en vers (in verse).

Ce n'est pas des vers simplement pour faire joli, c'est parce que le théâtre est conçu comme une dimension particulière de la poésie.

Il y a le sonnet, il y a l'ode, il y a quantité de petits genres poétiques.

Le théâtre, particulièrement la tragédie, comme l'épopée (epic), sont des genres qui relèvent strictement du domaine de la poésie.

C'est la raison pour laquelle les auteurs de théâtre du XVIIe siècle et même du XVIIIe ne se définissent jamais comme des dramaturges (playwrights) mais ils se définissent comme des poètes dramatiques ou des poètes tout court (everything short of poets?).

Il n'y a pas véritablement de différence entre, encore une fois, écrire des odes, des élégies ou écrire une tragédie.

C'est la longueur qui paraît différente pour ceux qui se lancent dans ce type d'entreprises.

La conséquence c'est que l'usage du vers est donc absolument dominant même si tous les textes, toutes les lettres, tous les aveux (all the confessions) qu'on a conservés des hommes du XVIIe siècle nous apprennent que l'on compose en prose et on versifie ensuite.

L'art de la versification était étudié dans les collèges et donc c'était un art très facile, presque une seconde nature pour la plupart de ces poètes.

Il y a quelques tragédies en prose dans les années 1640, certains auteurs, influencés par les théoriciens qui veulent toujours plus de vraisemblance (likelihood) dans la tragédie, donc toujours plus faire croire au spectateur que ce qu'il voit est vrai, ont cherché à casser le système poétique, sur lequel on va revenir, parce que le système poétique implique une sorte de monotonie dans l'énonciation, au profit de la prose.

Mais il se trouve que, et pour le public et pour les spectateurs, la tragédie c'est un genre poétique qui doit être exprimé en vers et cela va perdurer (this will continue) jusqu'au XIXe siècle, aussi longtemps qu'on pratiquera de la tragédie (as long as we practice tragedy).

Pour la comédie c'est un peu différent, beaucoup de comédies sont en prose, particulièrement les petites comédies et toutes les fois qu'on veut s'élever jusqu'au statut (we want to rise to the status) de la grande comédie comme on disait alors, eh bien à ce moment-là on passe au vers.

C'est très intéressant de voir que chez Molière il y a une grande différence entre les comédies qui se veulent de la haute comédie : Tartuffe, Le Misanthrope, Les Femmes savantes, et les comédies-ballets qui sont des comédies destinées prioritairement au spectacle et dans lesquelles évidemment, là, Molière privilégie l'écriture des passages poétiques destinés à être chantés (intended to be sung), privilégie la structure de l'ensemble et fait suivre le reste en prose puisque ce n'est pas du tout la même ambition dans ce genre de pièces de théâtre.

Le système sur lequel repose (on which was based) l'expression poétique du théâtre, particulièrement de la tragédie, est un système syllabique.

Il ne faut jamais oublier que le vers français est un vers syllabique, c'est-à-dire qui repose sur la combinaison de syllabes et non pas un vers qui repose sur des pieds comme en latin, en anglais ou dans d'autres langues.

C'est-à-dire qu'un pied peut comporter plusieurs syllabes.

En français ce qui compte c'est la syllabe.

Le vers dominant, à partir de la fin du XVIe siècle, c'est le vers de douze syllabes qu'on appelle aussi l'alexandrin qui fait tatatatatata/tatatatatata, 1-2-3-4-5-6/1-2-3-4-5-6, avec une très légère pause au milieu, une légère montée vers le centre (a slight climb towards the middle) et une légère descente vers la fin du vers.

C'est le vers le plus long autorisé par la prosodie française, c'est-à-dire le système de calcul des vers.

On peut aller de deux syllabes si l'on veut mais on ne peut pas dépasser douze (we cannot exceed twelve) syllabes, ça n'existe pas au-delà de douze syllabes.

Pourquoi est-ce qu'on choisit ce vers le plus long ?

Parce que c'est celui qui paraît le plus proche de la prose.

Même si chaque vers est terminé par une rime, sur laquelle je vais revenir dans un instant (to which I will return in a moment), la rime n'empêche pas qu'on a l'illusion (does not prevent us from having the illusion) qu'en enchaînant ces longs vers c'est ce qui se rapproche le plus de la prose (it's closest to prose).

C'est ainsi que les théoriciens, qui rêvent d'imposer (who dream of imposing) la prose mais qui ne peuvent pas l'imposer, qui rêvent d'imposer la prose parce que c'est ce qui paraît le plus naturel et donc le plus proche de l'illusion de vérité, ils acceptent l'alexandrin comme étant le vers artificiel, ou la parole artificielle la plus proche de la parole naturelle.

C'est encore une fois un nouvel exemple de cette tension qui est le fondement (the foundation) et la force de ce théâtre classique dont je parle depuis le début.

Naissance du « théâtre moderne » en France
Permanence de tragédie jusqu'au 19ème siècle
Le théâtre régulier et les règles
Catharsis et tragédie
La re-renaissance de la tragédie
Tragédie régulière (classique) et tragi-comédie irrégulière ( baroque)
17ème siècle Paris et le théâtre public
Publics et adversaires du théâtre
Les conditions de représentation : les trois types de troupes
Déroulement d'une séance
L'architecture des salles de théâtre
L'architecture de la scène théâtrale
Le récit et les formes du texte de théâtre
Le contenu du texte: la rhétorique
L'art de la parole poétique