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Les attaques contre la Bible et ses exégèses
Choose from these words to fill the blanks below:
mensonge, marcionite, séleucide, femmes, diable, proclamées, Christ, exclure, fuite, Daniel, fausses, ensemble, milieu, évangiles, appuyait, connaissance, Ancien, arbres, récits, Bible, spirituelle, jalousie, charmer, enfreignent, typologique, mystérieusement, grec, allégorie, trompait, évidents, vieillards, chrétiens, chêne, doctrine, côté, homme, noyau, exégèse, censé, ajouts, tort, fendra, fables, reproches, orientation, fables
trois types d'arguments utilisés par les philosophes contre les                                 , les deux premiers sont:
1. les attaques contre la                 
2. concernent le texte biblique et l'                                           des chrétiens
c'est-à-dire la façon dont ils l'interprètent
il est difficile de savoir comment les philosophes ont eu accès au texte biblique
il faut                l'hypothèse qu'ils auraient lu la Bible du début jusqu'à la fin
Celse (iie siècle)
ne connaît que quelques épisodes bibliques
il n'a pas une connaissance d'                 de ce texte
Porphyre (234–305)
semble avoir eu une meilleure connaissance de la           
il a peut-être, pour certaines sections, comme le livre de Daniel, effectué une lecture complète
Hiéroclès (iie siècle)
est surtout connu pour sa dénonciation des                                 
Julien (332-363)
il doit sa connaissance du texte biblique avant tout à sa formation chrétienne
la Bible représente pour les philosophes un ensemble de             
bonnes pour les enfants ou pour les vieilles             
ce mot de « fable » suppose deux choses:
1. les textes bibliques rapportent des histoires               
2. ils ne serviraient qu'à                le lecteur et n'auraient aucun sens profond, aucun profit, aucune vérité
le détail de leur critique n'est malheureusement pas bien connu
on connaît surtout les                    que les philosophes adressent aux chapitres 2 et 3 de la Genèse
au chapitre 2, Dieu interdit à Adam et à Eve de toucher de l'arbre de la                          du Bien et du Mal
au chapitre 3, ils se laissent tenter par le serpent et                        l'ordre divin
Porphyre semble avoir mis en cause l'interdiction divine : un fragment, transmis par un chrétien actif dans la seconde moitié du IVe s., Sévérien de Gabala, souligne l'absurdité d'un Dieu qui interdit à sa création la connaissance du Bien
d'après des sources plus tardives, Porphyre aurait demandé également pourquoi Dieu avait planté dans le Paradis un arbre dont il ne pouvait ignorer qu'il causerait la perte de l'humanité
il dénonçait également la                  de ce Dieu qui interdit à sa créature de manger de l'arbre et plus précisément de l'arbre de la connaissance
Julien s'interroge dans quelle langue le serpent s'est-il exprimé, et en quoi, de tels propos diffèrent-ils des              forgées chez les Grecs
dans ce cas très précis, on sait que la critique païenne a été précédée par la critique                     
les Marcionites étaient des chrétiens qui rejetaient l'             Testament
le Dieu qui s'y exprime était un créateur jaloux et mauvais, tandis que le Dieu de Jésus était un Dieu bon
dans une oeuvre intitulée les Syllogismes, en 38 livres, un disciple de Marcion, Apelles, avait développé de nombreux arguments contre le récit de Gn 2 dont certains se retrouvent chez les philosophes
il est donc intéressant de constater que la critique philosophique était ici inspirée par une critique dont l'origine est à chercher du                                    des chrétiens
un autre cas bien connu est celui du Livre de             
                         avoir été composé au VIe s. avant J.-C., sous les Babyloniens
ce livre, d'après Porphyre, serait un faux littéraire rédigé sous Antiochus Epiphane, le roi                                 
Porphyre s'                 à ce propos sur l'histoire de Suzanne, dans le Livre de Daniel
deux                      tentent de violer la belle Suzanne
ils se défendent en prétendant qu'ils l'ont vue avoir des relations avec un           
Daniel les interroge séparément et confond leur                 
l'un prétend les avoir vus sous un lentisque (schinon, en grec)
Daniel répond : « Dieu te              par le milieu »
l'autre affirme les avoir vus sous un                        vert
Daniel répond : « L'ange de Dieu attend pour te couper (prinon) par le              »
il y a donc dans le texte grec des jeux de mots                               
les deux verbes utilisés par Daniel rappellent ironiquement le nom des deux              évoqués par les vieillards
Porphyre en concluait que le texte ne pouvait avoir été composé qu'en          : il n'avait donc pas d'original en hébreu
Porphyre se                  et avait raison à la fois
l'histoire de Suzanne fait partie des              grecs de Daniel : elle n'a pas d'équivalent dans le texte hébraïque
il s'agit donc probablement d'un texte composé au IIe siècle
en revanche, Porphyre avait tort d'en conclure au caractère récent du texte
l'essentiel du livre de Daniel existe en effet en hébreu, avec des parties en araméen
ce            est plus ancien que le IIe s.
l'interprétation que les chrétiens donnent au texte de l'Ancien Testament, maintenant, pose deux problèmes aux philosophes
1. dès Celse, ils dénoncent le fait que les chrétiens veulent à toute force appliquer au              des textes qui, de toute évidence, ne peuvent pas lui convenir
2. ils critiquent par ailleurs l'usage, selon eux abusif, que les chrétiens font de l'                                
Celse la présente déjà comme une           , et non comme un moyen acceptable de comprendre le texte
la critique païenne mettait ici le doigt sur deux aspects essentiels de l'exégèse chrétienne : son caractère christocentré, d'une part, et sa dimension                       
les chrétiens avaient l'habitude d'interpréter les moindres passages de l'Ancien Testament, y compris les                           , comme des prophéties du Christ
quand ils ne pouvaient le faire en suivant la lettre du texte, ils proposaient des interprétations spirituelles
ce procédé exégétique qui consiste à donner un sens spirituel à un texte narratif a été appelé par les Modernes l'exégèse                       
Justin écrit déjà au IIe s., qu'il y a dans la Bible des prophéties et des « tupoi »
les prophéties sont les annonces du Christ                                    par les prophètes
les tupoi sont les récits qui annoncent                                              le Christ
les exégètes chrétiens considèrent par exemple que l'épisode où Isaac porte le bois pour être sacrifié annonce typologiquement la passion du Christ
ou que le combat de Jacob avec l'ange, dans la Genèse, est une annonce typologique du combat du Christ contre le             
ces deux aspects de l'exégèse chrétienne
1. cette                        christologique
2. cette dimension spirituelle
sont particulièrement claires dans l'exégèse d'Origène
le          des chrétiens, d'après Porphyre, était de présenter comme des énigmes pleines de mystères cachés les écrits tout à fait simples de Moïse

Flashcards:

We just talked about the first
Nous venons de parler du premier
breach
enfreignent
pagan criticism
la critique païenne
while the God
tandis que le Dieu
relied on the story
s'appuyait à ce propos sur l'histoire
God will split you down the middle
Dieu te fendra par le milieu
a green oak
un chêne vert
Greek additions
des ajouts grecs
was wrong to conclude that the text was recent
avait tort d'en conclure au caractère récent du texte
This core
Ce noyau
included stories
compris les récits
the process
le procédé

Enhanced Transcription:

J'ai parlé précédemment de trois types d'arguments utilisés par les philosophes contre les chrétiens.

Nous venons de parler du premier (we just talked about the first), les attaques contre la doctrine.

Je voudrais à présent évoquer la seconde série d'attaques, celles qui concernent le texte biblique et l'exégèse des chrétiens, c'est-à-dire la façon dont ils l'interprètent.

Il est difficile de savoir comment les philosophes ont eu accès au texte biblique.

Il faut exclure l'hypothèse qu'ils auraient lu la Bible du début jusqu'à la fin.

Ce qu'ils en connaissent provient plus vraisemblablement (is more likely/) de textes chrétiens.

Celse (iie siècle) ne connaît que quelques épisodes bibliques.

On voit très bien qu'il n'a pas une connaissance d'ensemble de ce texte.

Porphyre (234–305) semble avoir eu une meilleure connaissance de la Bible et il a peut-être, pour certaines sections, comme le livre de Daniel, effectué une lecture complète.

Hiéroclès (iie siècle), nous le verrons, est surtout connu pour sa dénonciation des évangiles.

Quant à Julien (332-363), il doit sa connaissance du texte biblique avant tout à sa formation chrétienne.

La Bible représente pour les philosophes un ensemble de fables, muthoi en grec, bonnes pour les enfants ou pour les vieilles femmes.

Ce mot de « fable » suppose deux choses : a) les textes bibliques rapportent des histoires fausses ; b) ils ne serviraient qu'à charmer le lecteur et n'auraient aucun sens profond, aucun profit, aucune vérité.

Le détail de leur critique n'est malheureusement pas bien connu.

On connaît surtout les reproches que les philosophes adressent aux chapitres 2 et 3 de la Genèse.

Au chapitre 2, Dieu interdit à Adam et à Eve de toucher de l'arbre de la connaissance du Bien et du Mal.

Au chapitre 3, ils se laissent tenter par le serpent et enfreignent (breach) l'ordre divin.

Porphyre semble avoir mis en cause l'interdiction divine : un fragment, transmis par un chrétien actif dans la seconde moitié du IVe s., Sévérien de Gabala, souligne l'absurdité d'un Dieu qui interdit à sa création la connaissance du Bien.

D'après des sources plus tardives (late), Porphyre aurait demandé également pourquoi Dieu avait planté dans le Paradis un arbre dont il ne pouvait ignorer qu'il causerait la perte de l'humanité ; il dénonçait également la jalousie de ce Dieu qui interdit à sa créature de manger de l'arbre et plus précisément de l'arbre de la connaissance.

À propos du serpent, Julien s'interroge : dans quelle langue le serpent s'est-il exprimé ? « En quoi, ajoutait-il, de tels propos diffèrent-ils des fables (do such words differ from the fables) forgées chez les Grecs ? »

Dans ce cas très précis, on sait que la critique païenne (pagan criticism) a été précédée par la critique marcionite.

Les Marcionites étaient des chrétiens qui rejetaient l'Ancien Testament.

Le Dieu qui s'y exprime, selon eux, était un créateur jaloux et mauvais, tandis que le Dieu (while the God) de Jésus était un Dieu bon.

Dans une œuvre intitulée les Syllogismes, en 38 livres, un disciple de Marcion, Apelles, avait développé de nombreux arguments contre le récit de Gn 2 dont certains se retrouvent chez les philosophes.

Il est donc intéressant de constater que la critique philosophique était ici inspirée par une critique dont l'origine est à chercher du côté des chrétiens.

Un autre cas bien connu est celui du Livre de Daniel.

Censé avoir été composé au VIe s. avant J.-C., sous les Babyloniens, ce livre, d'après Porphyre, serait un faux littéraire rédigé sous Antiochus Epiphane, le roi séleucide (the Selucid king), soit au IIe s. avant J.-C.

Porphyre s'appuyait à ce propos sur l'histoire (relied on the story) de Suzanne, dans le Livre de Daniel.

Deux vieillards tentent de violer la belle Suzanne.

Ces derniers se défendent en prétendant qu'ils l'ont vue avoir des relations avec un homme.

Daniel les interroge séparément et confond leur mensonge.

L'un prétend les avoir vus sous un lentisque (schinon, en grec).

Daniel répond : « Dieu te fendra par le milieu (God will split you down the middle) ».

L'autre affirme les avoir vus sous un chêne vert (a green oak).

Daniel répond : « L'ange de Dieu attend pour te couper par le milieu ».

Il y a donc dans le texte grec des jeux de mots évidents.

Les deux verbes utilisés par Daniel rappellent ironiquement le nom des deux arbres évoqués par les vieillards.

Porphyre en concluait que le texte ne pouvait avoir été composé qu'en grec : il n'avait donc pas d'original en hébreu.

Porphyre se trompait et avait raison à la fois.

L'histoire de Suzanne fait partie des ajouts grecs (Greek additions) de Daniel : elle n'a pas d'équivalent dans le texte hébraïque.

Il s'agit donc probablement d'un texte composé au IIe s.

En revanche, Porphyre avait tort d'en conclure au caractère récent du texte (was wrong to conclude that the text was recent).

L'essentiel du livre de Daniel existe en effet en hébreu, avec des parties en araméen.

Ce noyau (This core) est plus ancien que le IIe s.

L'interprétation que les chrétiens donnent au texte de l'Ancien Testament, maintenant, pose deux problèmes aux philosophes.

Dès Celse, ils dénoncent le fait que les chrétiens veulent à toute force appliquer au Christ des textes qui, de toute évidence, ne peuvent pas lui convenir (cannot suit it?).

Ils critiquent par ailleurs l'usage, selon eux abusif, que les chrétiens font de l'allégorie.

Celse la présente déjà comme une fuite (a leak?), et non comme un moyen acceptable de comprendre le texte.

La critique païenne mettait ici le doigt sur deux aspects essentiels de l'exégèse chrétienne (Christian exegesis) : son caractère christocentré, d'une part, et sa dimension spirituelle.

Les chrétiens, en effet, avaient l'habitude d'interpréter les moindres passages de l'Ancien Testament, y compris les récits (included stories), comme des prophéties du Christ.

Et, quand ils ne pouvaient le faire en suivant la lettre du texte, ils proposaient des interprétations spirituelles.

Ce procédé exégétique qui consiste à donner un sens spirituel à un texte narratif a été appelé par les Modernes l'exégèse typologique.

Justin écrit déjà au IIe s., qu'il y a dans la Bible des prophéties et des « tupoi ».

Les prophéties sont les annonces du Christ proclamées par les prophètes ; les tupoi sont les récits qui annoncent mystérieusement le Christ.

Les exégètes chrétiens considèrent par exemple que l'épisode où Isaac porte le bois pour être sacrifié annonce typologiquement la passion du Christ, ou que le combat de Jacob avec l'ange, dans la Genèse, est une annonce typologique du combat du Christ contre le diable.

Ces deux aspects de l'exégèse chrétienne, cette orientation christologique, et cette dimension spirituelle, sont particulièrement claires dans l'exégèse d'Origène, chrétien du IIIe s. qui avait envisagé de commenter pratiquement toute la Bible.

Porphyre, dans un fragment, s'en prend d'ailleurs explicitement à lui (explicitly attacks him).

Il le présente comme un ancien philosophe qui aurait cherché à adapter aux fables juives, de façon illégitime, les procédés interprétatifs des Grecs, en l'occurrence, ce qu'il appelle le « metaleptikos tropos », c'est-à-dire le procédé (the process) qui consiste à rechercher un sens caché dans un texte.

Le tort des chrétiens, d'après Porphyre, était de présenter comme des énigmes pleines de mystères cachés les écrits tout à fait simples de Moïse (quite simple from Moses?).

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