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Une brève histoire de la philanthropie en France
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la philanthropie a une longue histoire
mais en lisant dans les journaux, on a l'impression que
le sujet est                en France
la philanthropie est un phénomène                                  ou anglo-saxon
ce manque de recul historique est un            à la compréhension du présent et de l'avenir
les pratiques de         , plus ou moins formelles, ont existé dans toutes les sociétés humaines
le don visible fut souvent le fait de membres              et puissants de la société, en finançant
des                                publics
des fêtes
certains besoins primaires du peuple
l'évergétisme
pour les notables, à faire profiter la collectivité de leurs richesses, d'abord par
l'embellissement de leur           
construction de monuments
érection de               
la distraction
organisation de spectacles
les bienfaits
distribution d'argent
de cadeaux ou de terres
le ravitaillement
distribution d’huile, de vin de la                         
dans le christianisme
charité
dans le Moyen-Âge
voit naître une nouvelle génération d'initiatives philanthropiques en Europe
pour secourir les pauvres, les infirmes et les malades, l'Église et les congrégations religieuses font bâtir et administrent les premiers                             
651: l'Hôtel-Dieu de            a été fondé par l'évêque Saint Landry
1180: l'Ordre des hospitaliers du Saint-Esprit créé par Guy de Montpellier a construit plus de 1 000 hôpitaux et orphelinats dans toute l'            
on y héberge, nourrit et soigne toutes les misères, selon les préceptes                       
ces établissements sont principalement financés par les dons et legs de riches qui veulent ainsi racheter leurs                                          et obtenir le salut, en portant secours aux pauvres
souvent, ce sont des biens immobiliers, et des terres, qui sont donnés à l'Église, pour abriter de nouveaux établissements charitables
les Hospices de             
1443: fondé par le chancelier du duc de                   , afin de venir en aide aux pauvres et aux malades
depuis sa création, de riches Bourguignons lui ont fait don d'argent, de mobilier, mais aussi d'hectares de             
les Hospices de Beaune tirent une partie importante de leurs revenus des ventes de très grands vins, notamment par une célèbre vente aux                                annuelle
les seigneurs                              et le pouvoir royal deviennent très suspicieux
ces biens, transférés gratuitement, et de manière irrévocable, sortent pour ainsi dire de l'économie nationale, et échappent aux droits de mutation, habituellement                            aux seigneurs ou au roi
dès 1275, et pendant la Renaissance, ils feront l'objet d'un contrôle croissant du pouvoir           
autorisation                                  du roi, avant toute nouvelle création
enregistrement des biens, donnés à l'Église et aux                                         
paiement d'un droit d'                           parfois exorbitant
principe de spécialité dans un champ d'activité précis
cette                                explique en partie le faible développement de la philanthropie en France, par rapport à ses voisins Européens
au XVIe siècle
pauvreté et                                  deviennent un problème majeur, et très visible en France
les municipalités et le pouvoir royal, instaurent les premières mesures d'assistance publique, financées par l'                      
1544: le Grand Bureau des Pauvres de Paris
l'action de l'Église et des congrégations est parfois contestée, et leur monopole d'assistance aux pauvres se               
XVIIIe siècle, des                               
inspirés par les idées nouvelles de Voltaire, Montesquieu ou                 , des bourgeois et nobles fondent les premières sociétés
philanthropiques
laïques
sans distinction d'opinion politique ou                     
les clubs de réflexion, et                          d'innovation sociale
constatent l'échec de la charité traditionnelle à                                  la pauvreté et la misère
leurs membres étaient
médecins
intellectuels
industriels
responsables                     
libéraux et progressistes
ils étaient bouillonnent d'idées
prônent une approche scientifique pour résoudre efficacement les                            qui affectent l'Humanité
cette philanthropie veut comprendre les causes de la misère au lieu d'en                  seulement les effets
produisent les premières statistiques sociales
organisent des enquêtes sur les conditions de vie, des pauvres et des                       
créent des dispensaires médicaux où elles distribuent des médicaments et vaccinent des populations pauvres
lancent des souscriptions publiques, l'ancêtre de nos campagnes de fundraising, pour financer des projets innovants, comme par l'exemple
1786: l'école de lecture pour jeunes                 , créée par Valentin Haüy, avec le soutien de la Société Philanthropique de Paris, toutes deux encore en activité aujourd'hui
la Révolution Française et la philanthropie
réformes radicales
1789: l'Assemblée Constituante
1792: l'Assemblée Nationale                                     
confiscation des biens de l'Église et des congrégations
suppression des fondations ecclésiastiques et                                                 
interdiction de tous les corps intermédiaires, entre l'État et les citoyens
             (1727-1781)
économiste et homme politique libéral
par lui les fondations sont le plus durement critiquées
1757: dans un article              rédigé en pour l'Encyclopédie, il dénonce
la                            des fondateurs
les effets pervers sur les bénéficiaires
le manque à gagner économique qu'elles représentent
les                              de gestion
caducité de l'objet                de ces fondations après plusieurs années
pour                la pauvreté, il croit davantage au don spontané de la population, mais surtout au développement économique et au libre-échange
la Révolution Française n'a pas pour              tué la philanthropie
de nombreux philanthropes sont devenus                                           
leurs idées commencent à infuser au              de la République
sous l'Empire, des                                  sont consentis, et les congrégations sont à nouveau tolérées après autorisation
la société philanthropique de Paris, elle, suspend son activité sous la Convention, mais se relance dès l'an 1800
XIXe siècle
les différents régimes ont une attitude ambiguë vis-à-vis de la philanthropie
l'État veut limiter le contre-               que représentent les fondations
en particulier les œuvres catholiques comme le montrent les nombreuses tensions entre parlementaires et représentants de l'Église à propos de l'                        
ils tolèrent et encadrent cette philanthropie car elle remplit une fonction sociale utile que l'État est encore incapable de suppléer, dans un contexte de                              social lié à l'industrialisation et à l'urbanisation
les élites philanthropiques de différentes obédiences rivalisent dans leurs réponses à la question sociale alors que le suffrage censitaire est remis en cause et que l'élite redoute un                                      du peuple
1887: l'Institut Pasteur
1893: la Fondation Thiers
socialistes et radicaux accusent la philanthropie de vouloir moraliser les pauvres et de maintenir les inégalités sociales à un            tout juste tolérable sans traiter le problème à la racine
la Troisième République (1870-1940)
influencés par les idées du solidarisme et le système d'assurance sociale mis en place chez l'ennemi allemand, les parlementaires et ministres réformistes dessinent les contours d'un État social en France, financé par des                        mais aussi par l'impôt
XXe siècle
l'État français prendra progressivement en charge
un                minimum pour les travailleurs
une assurance pour les retraites, chômage et la               
une école laïque, gratuite et                       
la philanthropie ne disparaît pas complètement comme en                               
la création de nouvelles fondations pendant l'entre-deux-              
le succès populaire des campagnes de dons comme celle du timbre                               
elle perd en légitimité et se retrouve subordonnée à l'action d'un État plus interventionniste, qui étend son action après 1945 aux domaines de la culture, des loisirs et de la                         

Flashcards:

This lack of historical perspective is a hindrance
Ce manque de recul historique est un frein
At all times
De tous temps
rich and powerful members
membres riches et puissants
sees the birth of a new generation
voit naître une nouvelle génération
To help the poor
Pour secourir les pauvres
build
font bâtir
gifts and legacies of wealthy individuals
les dons et legs de riches particuliers
who want to redeem their sins and obtain salvation
qui veulent ainsi racheter leurs péchés et obtenir le salut
to help the poor and the sick
afin de venir en aide aux pauvres et aux malades
a famous annual action
une célèbre vente aux enchères annuelle
the feudal lords
les seigneurs féodaux
usually paid to the lords
habituellement versés aux seigneurs
they will be subject to increasing control of royal power
ils feront l'objet d'un contrôle croissant du pouvoir royal
Prior authorization of the king
Autorisation préalable du roi
this mistrust
cette méfiance
financied by taxes
financées par l'impôt
they were bubbling with ideas
ils bouillonnent d'idées
the plagues that affect humanity
les fléaux qui affectent l'Humanité
instead of relieving only the effects
au lieu d'en soulager seulement les effets
In addition to emergency relief
Outre les secours d'urgence
this squirrel
cet écureuil
particularly targeted
particulièrement visée
the culmination of mistrust of central power
l'aboutissement de la méfiance du pouvoir central
under the pen of
sous la plume de
In a shart article
Dans un article acerbe
management excesses
les dérives de gestion
To stop poverty
Pour enrayer la pauvreté
flexibilities are granted
assouplissements sont consentis
frame this philanthropy
encadrent cette philanthropie
unable to provide
incapable de suppléer
a context of social upheaval
un contexte de bouleversement social
is questioned
est remis en cause
the elite fears an uprising of the people
l'élite redoute un soulèvement du peuple
The League of Education
La Ligue de l'enseignement
at a tolerable threshold
à un seuil tout juste tolérable
by contributions but also by taxation
par des cotisations mais aussi par l'impôt
as evidenced by the creation of new foundations
comme en témoigne la création de nouvelles fondations
antituberculous patch
timbre antituberculeux
recreation
des loisirs

Enhanced Transcription:

Nous allons voyager dans le temps et plonger dans l'histoire passionante de la philanthropie.

Comme nous l'avons vu avec son étymologie, la philanthropie ne date pas d'hier.

Pourtant, en lisant dans les journaux, on a l'impression que le sujet est nouveau en France, et que la philanthropie est un phénomène américain ou anglo-saxon.

Ce manque de recul historique est un frein (This lack of historical perspective is a hindrance) à la compréhension du présent et de l'avenir.

Essayons d'y voir un peu plus clair.

De tous temps (At all times), les pratiques de dons, plus ou moins formelles, ont existé dans toutes les sociétés humaines.

Ce que nous savons de l'Antiquité nous indique que le don visible fut souvent le fait de membres riches et puissants (rich and powerful members) de la société.

Le don voisinait avec le pouvoir, le justifiait, ou était du moins, une condition de l'harmonie sociale, en finançant : des édifices publics, des fêtes, et certains besoins primaires du peuple.

C'est ce que certains historiens, comme Paul Veyne, on appelé l'évergétisme.

Avec le développement du christianisme, le Moyen-Âge voit naître une nouvelle génération (sees the birth of a new generation) d'initiatives philanthropiques en Europe, même si c'est le terme de charité qui est utilisé.

Pour secourir les pauvres (To help the poor), les infirmes et les malades, l'Église et les congrégations religieuses font bâtir (build) et administrent les premiers hôpitaux.

L'Hôtel-Dieu de Paris, par exemple, a été fondé dès 651 par l'évêque Saint Landry.

L'Ordre des hospitaliers du Saint-Esprit créé en 1180 par Guy de Montpellier a construit plus de 1 000 hôpitaux et orphelinats dans toute l'Europe.

On y héberge, nourrit et soigne toutes les misères (treat all the miseries), selon les préceptes catholiques.

Ces établissements sont principalement financés par les dons et legs de riches particuliers (gifts and legacies of wealthy individuals), issus de la noblesse et de la bourgeoisie, qui veulent ainsi racheter leurs péchés et obtenir le salut (who want to redeem their sins and obtain salvation), en portant secours aux pauvres.

Souvent, ce sont des biens immobiliers, et des terres, qui sont donnés à l'Église, pour abriter de nouveaux établissements charitables qui ont vocation à agir dans la durée (which are intended to act in the long term).

Ce sont là, les premières fondations, même si elles n'ont pas encore d'existence légale.

D'ailleurs, savez-vous quelle est la plus ancienne fondation encore en activité en France?

Ce sont les Hospices de Beaune.

Cet établissement de santé a été fondé en 1443 par le chancelier du duc de Bourgogne, afin de venir en aide aux pauvres et aux malades (to help the poor and the sick).

Depuis sa création, de riches Bourguignons lui ont fait don d'argent, de mobilier, mais aussi d'hectares de vignes.

Eh oui! Les Hospices de Beaune tirent une partie importante de leurs revenus des ventes de très grands vins, notamment par une célèbre vente aux enchères annuelle (a famous annual action).

Cet exemple illustre la puissance de certaines fondations et leur capacité à traverser les époques.

À mesure que celles-ci prospèrent, grâce à de nombreux dons et legs, les seigneurs féodaux (the feudal lords) et le pouvoir royal deviennent très suspicieux.

Ces biens, transférés gratuitement, et de manière irrévocable, sortent pour ainsi dire de l'économie nationale, et échappent aux droits de mutation (and escape the transfer duties), habituellement versés aux seigneurs (usually paid to the lords) ou au roi.

Qualifiés de biens de mainmorte, ils feront l'objet d'un contrôle croissant du pouvoir royal (they will be subject to increasing control of royal power), dès 1275, et pendant la Renaissance.

Autorisation préalable du roi (Prior authorization of the king), avant toute nouvelle création, enregistrement des biens, donnés à l'Église et aux congrégations, paiement d'un droit d'amortissement (depreciation charge) parfois exorbitant, principe de spécialité dans un champ d'activité précis, bref, cette méfiance (this mistrust), historique, tout comme l'absence pendant des siècles d'un véritable Droit des fondations, explique en partie le faible développement de la philanthropie en France, par rapport à ses voisins Européens.

Au XVIe siècle, pauvreté et mendicité deviennent un problème majeur, et très visible en France.

Les municipalités et le pouvoir royal, instaurent les premières mesures d'assistance publique, financées par l'impôt (financied by taxes), comme le Grand Bureau des Pauvres de Paris, en 1544.

L'action de l'Église et des congrégations est parfois contestée, et leur monopole d'assistance aux pauvres se fissure.

Avançons au XVIIIe siècle, le fameux siècle des Lumières.

Inspirés par les idées nouvelles de Voltaire, Montesquieu ou Rousseau, des bourgeois et nobles fondent les premières sociétés philanthropiques, laïques, sans distinction d'opinion politique ou religieuse.

À la fois clubs de réflexion, et laboratoires d'innovation sociale, ces sociétés constatent l'échec de la charité traditionnelle à éradiquer la pauvreté et la misère.

Leurs membres sont médecins, intellectuels, industriels ou responsables politiques.

Libéraux et progressistes, ils bouillonnent d'idées (they were bubbling with ideas), et prônent une approche scientifique pour résoudre efficacement les fléaux qui affectent l'Humanité (the plagues that affect humanity).

Cette philanthropie veut comprendre les causes de la misère au lieu d'en soulager seulement les effets (instead of relieving only the effects).

Outre les secours d'urgence (In addition to emergency relief), les sociétés philanthropiques produisent les premières statistiques sociales, et organisent des enquêtes sur les conditions de vie, des pauvres et des prisonniers.

Elles créent des dispensaires médicaux où elles distribuent des médicaments et vaccinent des populations pauvres.

Elles lancent des souscriptions publiques, l'ancêtre de nos campagnes de fundraising, pour financer des projets innovants, comme par l'exemple l'école de lecture pour jeunes aveugles, créée en 1786 par Valentin Haüy, avec le soutien de la Société Philanthropique de Paris, toutes deux encore en activité aujourd'hui.

Et ce n'est pas tout, vous connaissez tous cet écureuil (this squirrel).

Mais saviez-vous que la Caisse d'Épargne, et le livret A, sont nés en 1878, sous l'impulsion de deux philanthropes, l'industriel Benjamin Delessert, et le militaire François de La Rochefoucauld?

Saviez-vous également que les premiers logements sociaux en France, à destination des ouvriers et des travailleurs pauvres, ont été construits et financés par des philanthropes?

Notamment, les familles Lebaudy et Rothschild à Paris, avant toute intervention de la mairie ou de l'État.

Un mot maintenant, sur la Révolution Française et la philanthropie.

L'Assemblée Constituante de 1789, puis l'Assemblée Nationale Législative de 1792, ont procédé à des réformes radicales.

Confiscation des biens de l'Église et des congrégations, suppression des fondations ecclésiastiques et séculières, interdiction de tous les corps intermédiaires, entre l'État et les citoyens.

Si l'Église catholique est particulièrement visée (particularly targeted), ces mesures sont aussi l'aboutissement de la méfiance du pouvoir central (the culmination of mistrust of central power) envers les biens de mainmorte.

C'est sous la plume de (under the pen of) Turgot, économiste et homme politique libéral, que les fondations sont le plus durement critiquées.

Dans un article acerbe (In a shart article), rédigé en 1757 pour l'Encyclopédie, Turgot dénonce la vanité des fondateurs, les effets pervers sur les bénéficiaires, le manque à gagner économique qu'elles représentent, les dérives de gestion (management excesses), et la caducité (obsolescence) de l'objet initial de ces fondations après plusieurs années.

Pour enrayer la pauvreté (To stop poverty), il croit davantage au don spontané de la population, mais surtout au développement économique et au libre-échange.

La Révolution Française n'a pas pour autant tué la philanthropie.

D'une part, de nombreux philanthropes sont devenus députés, et leurs idées commencent à infuser au sommet de la République (at the top of the Republic).

D'autre part, sous l'Empire, des assouplissements sont consentis (flexibilities are granted), et les congrégations sont à nouveau tolérées après autorisation.

La société philanthropique de Paris, elle, suspend son activité sous la Convention, mais se relance dès l'an 1800.

Les différents régimes qui se succèdent XIXe siècle ont une attitude ambiguë vis-à-vis de la philanthropie.

D'un côté, l'État veut limiter le contre-pouvoir que représentent les fondations, en particulier les oeuvres catholiques comme le montrent les nombreuses tensions entre parlementaires et représentants de l'Église à propos de l'école.

De l'autre, ils tolèrent et encadrent cette philanthropie (frame this philanthropy) car elle remplit une fonction sociale utile que l'État est encore incapable de suppléer (unable to provide), dans un contexte de bouleversement social (a context of social upheaval) lié à l'industrialisation et à l'urbanisation.

La philanthropie connaît une véritable effervescence dans la France du XIXe siècle comme l'ont montré les travaux d'historiens comme Catherine Duprat et Jean-Luc Marais.

Les élites philanthropiques de différentes obédiences rivalisent dans leurs réponses à la question sociale alors que le suffrage censitaire (census) est remis en cause (is questioned) et que l'élite redoute un soulèvement du peuple (the elite fears an uprising of the people).

Certains philanthropes comme Gérando ou le baron Taylor deviennent des célébrités dans les journaux.

Les souscriptions se multiplient et se démocratisent.

La Ligue de l'enseignement (The League of Education) lance par exemple en 1871 le sous de l'école laïque (the under of the secular school?).

De grandes fondations sont créées comme l'Institut Pasteur en 1887, ou la Fondation Thiers en 1893.

Des legs majeurs sont effectués au profit de l'Institut de France, de grands musées nationaux comme le Louvre.

Mais cet âge d'or marque aussi un tournant important.

Socialistes et radicaux accusent la philanthropie de vouloir moraliser les pauvres et de maintenir les inégalités sociales à un seuil tout juste tolérable (at a tolerable threshold) sans traiter le problème à la racine.

Après l'autorisation du droit de grève et des syndicats, le mouvement ouvrier se structure.

Influencés par les idées du solidarisme et le système d'assurance sociale mis en place chez l'ennemi allemand, les parlementaires et ministres réformistes de la Troisième République dessinent les contours d'un État social en France, financé par des cotisations mais aussi par l'impôt (by contributions but also by taxation).

Au cours du XXe siècle, l'État français prendra progressivement en charge un salaire minimum pour les travailleurs, une assurance pour les retraites, chômage et la maladie, une école laïque, gratuite et obligatoire.

La philanthropie ne disparaît pas complètement comme en témoigne la création de nouvelles fondations (as evidenced by the creation of new foundations) pendant l'entre-deux-guerres et le succès populaire des campagnes de dons comme celle du timbre antituberculeux (antituberculous patch).

Mais elle perd en légitimité et se retrouve subordonnée à l'action d'un État plus interventionniste, qui étend son action après 1945 aux domaines de la culture, des loisirs (recreation) et de la santé.

Dans notre vidéo, nous verrons comment la philanthropie a connu un renouveau à notre époque et le contexte plutôt favorable dans lequel elle s'exprime aujourd'hui.

Définitions et concepts de la philanthropie
Une brève histoire de la philanthropie en France